DECHETSEAUINDUSTRIE

PFAS : silence, on pollue

By 24 octobre 2026 No Comments

Depuis plus d’un an, un collectif associatif dont fait partie VNE tente d’instaurer une communication et de la transparence envers le public au sujet des pollutions aux PFAS dans le département. Ces pollutions, révélées par des analyses de l’eau du réseau dans plusieurs communes, nous en soupçonnons l’origine. Les territoires pollués ont, depuis plusieurs décennies, fait l’objet d’épandages de boues de stations d’épuration (STEP) qui traitent les rejets de plusieurs entreprises textiles et papetières du territoire.

 

Nous avons fait en sorte, via des réunions publiques notamment, d’informer les citoyens et citoyennes de l’étendue des pratiques d’épandages de ces boues. Toujours dans le souci de l’information de tous et toutes, nous avons publié ICI les arrêtés d’épandage désignant les parcelles agricoles concernées.

Depuis tout ce temps, et y compris lors de l’organisation des réunions, nous sollicitons les industriels identifiés par les pouvoirs publics eux-mêmes comme 1) utilisant des PFAS dans leur process, et 2) ayant recours à l’épandage de leurs boues de STEP.

Notre but : que ces entreprises répondent aux questions, légitimes, des collectifs et des citoyens et citoyennes. Qu’elles fassent des propositions de solution pour arrêter les pollutions. Qu’elles réagissent à ces révélations en s’engageant à changer leurs pratiques. Jusqu’ici, nos sollicitations sont restées vaines. Pas de participation à nos réunions publiques, pas de communiqués de leur part. Silence.

Récemment, nous avons été invités à une visite d’entreprise, dans le cadre du projet Start in Moutain (SIM) lancé par l’INTERREG Grand Est (pour plus d’infos sur ce projet et le programme INTERREG, voir ICI et LÀ). De telles visites sont régulièrement organisées afin de favoriser des échanges de « bonnes pratiques » entre entreprises. L’entreprise visitée cette fois ? Garnier Thiebaut.

 

L’occasion pour nous, donc, de poser nos questions et de faire nos propositions directement aux industriels et aux représentant.es de l’Etat présent.es à cette rencontre. Notre déception fut donc assez vive lorsque nous avons reçu un mail, la veille de la fameuse visite, contenant plusieurs pièces jointes dont une « Charte d’engagement » que vous pourrez lire ICI

L’organisation de l’INTERREG, donc la région Grand Est, obéissant aux exigences des industriels, demande notre signature de cette charte,  de même que celle de tous les participant.es. Sans quoi nous ne pourrons prendre part à la visite.

Et ainsi, de nous engager à ne rien communiquer sur le contenu des échanges qui auraient lieu, sans l’accord préalable de l’entreprise Garnier Thiebaut.

Nous refusons, et nous exprimons et argumentons ce refus par retour de mail, le jour-même. Notre réponse est disponible à la lecture ICI. Si l’on exige de nous cette signature, alors nous ne participerons pas.

 

Emmanuelle LE BRIS, responsable INTERREG Europe SIM de la Région Grand Est, nous a rapidement répondu. Nous vous laissons découvrir ICI comment.

 

Et ICI la réponse de Nikita MULARD, Directeur Général de Garnier Thiebaut.

 

La rhétorique est classique, et terriblement d’actualité : nous refusons « le débat ». Alors que ce sont les associations qui appellent ces mêmes acteurs à l’information, à la transparence et à la responsabilité depuis des mois.

 

La logique des pouvoirs publics et des industriels quand nous voulons les questionner sur les pollutions aux PFAS : silence, on pollue.

 

VNE 88

Author VNE 88

More posts by VNE 88